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24/11/2006 Agences immobilières : Business dans l'air.


UN POTENTIEL DE PLUSIEURS MILLIARDS DE DIRHAMS. SEULES LES ENTITÉS LES MIEUX ORGANISÉES ET LES PLUS STRUCTURÉES RÉUSSIRONT À RAFLER LA PLUS GROSSE
PART. LA COURSE EST LANCÉE. 

Les enseignes immobilières  étran­gères placent leurs pions sur un marché en explosion. Des labels français comme Guy Hoquet sont déjà présents sur ce créneau de­puis un certain temps. Mais disons que c'est surtout après "l’arrivée de l’américain Century 21 que des grosses pointures ont commencé à manifester davantage leurs intérêts pour le Maroc. C'est le cas par exemple de Laforêt Immobilier qui compte ouvrir sa première agence à Casablanca fin 2006, au début de 2007, mais aussi de l'espagnole Alfa Inmo­biliaria. Cette dernière a accordé une franchise à la société marocaine Inmo Hispano Arabe, laquelle devrait ouvrir 5 agences chaque année pour atteindre le nombre de 25 à l'horizon de 2010. En l'espace d'une année seulement, trois grandes enseignes étrangères ont donc mis un pied sur le sol marocain. C’est qu'il doit y avoir un grand intérêt. En effet, le secteur bouillonne. A titre d'exemple, sur Casablanca, il y aurait 600.000 ménages. « Si nous considérons qu'une personne quitte ou change son domicile une fois tous les 30 ans (et je suis pessimiste) cela veut dire qu’annuellement, il y aurait environ 20.000 transactions dans les ventes de biens de seconde main. Si la valeur de chacun de ces biens tourne aux alentours d'un million de dirhams, alors,  nous disposerons d'un potentiel de 20 milliards

de DH sur lequel nous pourrions toucher notre commission», développe Samir Benmakhlouf, directeur de Century 21 Maroc. La commission avoisinant les 5% hors taxes à partager à part égale entre acheteur et vendeur.

 

                         

 

Un rush inédit

 

Il faut noter qu'en plus du potentiel existant, il s'en crée un autre. L"accomplissement des grands travaux structurant notamment à Rabat, à Tanger ou à CasabIanca aiguisent les appétits. Les émiratis comme Emaar ou Sama Dubaï, par exemple, sont en train d'aménager des baies, des vallées et des corniches dans les­quelles il est prévu de construire d'importants complexes résidentiels ou professionnels. Ces promoteurs arabes devront les commercialiser. Et c'est à ce stade que les intermédiaires en immobilier devront se placer pour obtenir d"éventuels marchés. Century 21 aurait déjà pris des contacts avec ces investisseurs arabes. Time is business. Toutes les bonnes opportunités sont à saisir. Et les agences marocaines, les pIus structurées du moins comptent bien leur emboîter le pas. Pour ne prendre que cet exemple,  Carré lmmobilier Maroc, un courtier créé il y a cinq ans par William Simoncelli se positionne aujourd'hui. Il conclut des conven­tions avec des institutions comme la CDG ou la BMCE Capital dans lesquelles il contribue à la définition de la stratégie immobilière. «Nous souhaiterions dans un second degré contribuer  pourquoi pas, à la commercialisation des unités créées par les projets structurants» dixit Simoncelli. La conjoncture s'y prête donc pour investir le créneau. Tous les ingrédients sont réunis. «Il y a un vide qui doit maintenant être comblé par les agences structurées», avance Benmakhlouf. Le secteur est en train de se restructurer. L'arrivée des agences étrangè­res contribuera très certainement à accélérer le processus. «La pré­sence des enseignes étrangères est nécessaire. Elles confortent des aspects structurants et viennent avec des logiques parfois novatrices et parfois confirmant les pratiques des agences existantes, souligne William Simoncelli. Mais encore faut-il que ces enseignes s'adaptent au contexte ma­rocain. Selon l'expérience, certaines d'entre elles peinent aujourd'hui à se développer parce qu'elles n'ont pas pensé à s'adapter. Elles se sont focalisées sur les procédures en mettant de côté les réalités marocaines. Les acteurs marocains, eux, devront suivre et s'adapter aux nouvelles donnes du marché qui se professionnnlise. Les clients sont amenés à comparer les opérateurs davantage sur leur qualité de service que sur les honoraires qu'ils demandent.

 A l'évidence, les «semsaras» (courtiers inter­médiaires) devront maintenir leur rôle dans ce nouveau paysage. Ils sont bien infiltrés et peuvent être d'une grande utilité aux agences immobilières. «Il ne faut pas qu"ils disparaissent et donc il ne faudrait pas les négliger. Ils pourraient par exemple s'adosser à des cabinets », reconnaît Simoncelli. Une idée à exploiter.

 

 

 

                                                                   Saloua Mansouri

 

Article parut dans Challenge Hebdo du 18 au 24 Novembre 2006


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